Discours Article provenant de  Innovation, Sciences et Développement économique Canada

Archivé - Lancement de Canada numérique 150

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Transcription de discours

L'honorable James Moore, C.P., député
Ministre de l'Industrie

Waterloo (Ontario)

Le 4 avril 2014


Merci, Peter [Braid, député fédéral de Kitchener-Waterloo], de cette aimable présentation. C'est un réel plaisir d'être ici à Kitchener-Waterloo, région du pays qui est vraiment perçue comme une source d'inspiration en matière de croissance, de technologie et d'innovation, domaines qui jouent un rôle important pour l'économie canadienne.

À propos de l'économie canadienne, nous avons reçu d'excellentes nouvelles aujourd'hui. Le taux de chômage au Canada est maintenant inférieur à 7 %. Il se situe à 6,9 %. En mars, l'économie canadienne a créé 43 000 emplois, ce qui est très bien.

Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Nous devons aller de l'avant et édifier un pays plus sain et plus fort.

Voilà pourquoi je suis ici aujourd'hui. Comme vous le savez, nous sommes un peuple de bâtisseurs. Nous le sommes vraiment.

À l'époque de la Confédération — en 1881, en fait, tout juste après la Confédération —, sir John A. Macdonald a étudié notre pays, tiré les leçons du passé et déclaré que, si l'on ne construisait pas de chemin de fer d'un bout à l'autre du Canada, celui-ci ne survivrait pas longtemps. Il savait que la prochaine grande tâche à accomplir pour édifier le pays consistait à aménager un chemin de fer.

Bien entendu, depuis le chemin de fer, nous avons construit des ports, des aéroports, la Transcanadienne et de grandes institutions nationales. Mais, vous savez, pour édifier un pays, il ne s'agit pas seulement de revenir sur le passé; il faut penser à l'avenir.

Aujourd'hui, nous devons nous demander quelle est la prochaine étape.

Eh bien, le numérique constitue cette étape. Pour bâtir le pays de demain, nous devons le doter d'une politique exhaustive, énergique et réfléchie dans ce domaine.

Aujourd'hui, je suis donc heureux de vous présenter Canada numérique 150, une politique numérique exhaustive pour le pays.

Canada numérique 150 est un plan audacieux visant à guider l'avenir numérique du Canada. Il s'appuie sur des observations venant de partout au pays. Plus de 2 000 Canadiens se sont inscrits pour prendre part aux discussions. Ils nous ont fait part de leurs idées, que nous avons examinées et rassemblées dans un plan exhaustif dont le pays pourra bénéficier.

Canada numérique 150 fixe des objectifs clairs sur ce que le Canada peut accomplir d'ici la célébration de son 150e anniversaire, en 2017. Canada numérique 150 comprend 5 piliers, 39 nouvelles initiatives, et un plan national pour 35 millions de Canadiens.

Je vais donc maintenant présenter ces cinq piliers et vous parler du contenu de ce plan.

Les cinq piliers sont :

  1. Un Canada branché;
  2. Un Canada protégé;
  3. Les possibilités économiques du monde numérique;
  4. Le gouvernement numérique;
  5. Le contenu canadien.

Le premier pilier, Un Canada branché, consiste à s'assurer que la population canadienne d'un bout à l'autre du pays a accès aux technologies sans fil et aux réseaux haute vitesse aux prix les plus abordables et les plus compétitifs possible.

Quelles sont les nouvelles initiatives dans le cadre de Canada numérique 150? Grâce à Canada numérique 150, nous brancherons plus de 98 % des Canadiens en leur offrant des services Internet haute vitesse à une vitesse de téléchargement d'au moins 5 mégabits par seconde. De nombreux ménages canadiens, habitant pour la plupart dans des collectivités rurales et du Nord, auront accès pour la première fois à Internet haute vitesse.

Soit dit en passant, il ne faut jamais oublier que le Canada est le deuxième plus grand pays par sa superficie, mais qu'il occupe le 37e rang au chapitre de la population. Offrir des services de téléchargement haute vitesse compte tenu de la taille géographique du Canada constitue une réalisation vraiment impressionnante. Je peux vous dire que nous collaborerons avec le secteur privé pour aller de l'avant avec notre demande de propositions visant à donner un accès à Internet haute vitesse partout au pays. Quand, à l'occasion de mes déplacements en Europe et ailleurs — même en Corée du Sud, pays plus petit que le Nouveau-Brunswick —, je fais part de notre projet à mes homologues, ils sont éblouis qu'un pays de notre taille et de notre population puisse accomplir quelque chose d'aussi ambitieux.

Toujours dans le contexte de Canada numérique 150, les projets numériques seront pour la première fois admissibles à un financement du Fonds Chantiers Canada, consacré à l'infrastructure. Les routes, les ponts, les tunnels et les passages à niveau ne seront donc pas les seuls bénéficiaires du financement du gouvernement du Canada. La technologie numérique le sera aussi.

Nous dissocierons les chaînes de télévision, afin que les consommateurs puissent choisir la combinaison de chaînes qu'ils veulent, au lieu de celles qui leur sont imposées.

Nous appliquerons un plafond aux frais d'itinérance sur les réseaux au Canada en vue d'accroître la concurrence et d'offrir des prix plus bas aux consommateurs.

Nous avons, par ailleurs, établi de nouvelles règles relativement aux pylônes d'antennes pour nous assurer que les collectivités aient voix au chapitre du choix de leur emplacement et de leur construction.

Et notre politique sur le sans-fil permet d'offrir plus de choix, des prix plus bas et de meilleurs services aux consommateurs canadiens de toutes les régions du pays.

Le deuxième pilier est Un Canada protégé. Alors que nous encourageons de plus en plus les Canadiens à naviguer en ligne dans le cadre de leur vie personnelle, de leur vie étudiante et de leur vie professionnelle, nous devons nous assurer que les Canadiens ont confiance que leur présence et leurs transactions en ligne sont sûres, que leur vie privée est protégée et que leur famille est à l'abri des menaces en ligne et de la cyberintimidation.

Voilà pourquoi nous menons plusieurs initiatives dans le cadre de Canada numérique 150. La première sera lancée la semaine prochaine, alors que je déposerai au Parlement le projet de loi intitulé Loi sur la protection des renseignements personnels numériques. Il s'agit d'une mise à jour de la LPRPDE (Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques) qui la modernise pour la nouvelle ère numérique. Cette nouvelle Loi sur la protection des renseignements personnels numériques donnera au commissaire à la protection de la vie privée de nouveaux pouvoirs et de nouvelles responsabilités en matière d'application de la loi et de protection des renseignements personnels des Canadiens, alors qu'ils s'aventurent de plus en plus en ligne.

Nous avons aussi déposé au Parlement une nouvelle loi en matière de cyberintimidation qui protégera les familles contre les atteintes à la vie privée, l'intimidation et le contenu abusif que l'on retrouve beaucoup trop souvent en ligne.

Par ailleurs, nous verrons à ce que nos réseaux soient protégés contre le matériel non sécurisé. Cet enjeu est présent depuis longtemps sur la scène internationale. Le Canada traîne de l'arrière à cet égard. Mais nous déposerons un projet de loi au Parlement et mettrons en place un nouveau régime pour que nos services Internet sans fil et câblés soient protégés contre les menaces terroristes, asymétriques et symétriques qui posent un risque réel pour l'intégrité de nos cybersystèmes.

Enfin, le 1er juillet de cette année, la loi anti-pourriel entrera pleinement en vigueur, protégeant ainsi les Canadiens et les entreprises contre les comportements abusifs en ligne.

Un Canada branché et ensuite, Un Canada protégé. Les possibilités économiques du monde numérique représentent le troisième des cinq piliers.

Canada numérique 150 propose un certain nombre de nouvelles initiatives, dont l'octroi de 200 millions de dollars additionnels afin d'aider les petites et moyennes entreprises à adopter les technologies numériques. Et nous investirons 300 millions de dollars supplémentaires en capital de risque dans les entreprises du secteur numérique partout au pays.

Au titre de Canada numérique 150, il y aura aussi des investissements de 40 millions de dollars afin de soutenir 3 000 stages dans des domaines à forte demande partout au pays. Les chambres de commerce de diverses régions d'un océan à l'autre ont demandé cette initiative pour attirer le talent, recruter des jeunes finissants des écoles secondaires aux idées brillantes, leur donner une expérience du monde réel et leur fournir une formation. Nous allons collaborer avec le secteur privé afin de réaliser ce projet.

Nous augmentons également le financement du Programme canadien des accélérateurs et des incubateurs à 100 millions de dollars.

Nous allons aussi soutenir l'Institut de l'informatique quantique.

Nous n'agissons pas seulement à grande échelle. Nous ne nous limitons pas à tous ces investissements et partenariats. Nous prenons aussi des mesures concrètes pour appuyer les petites collectivités qui se sentent souvent délaissées dans l'ère numérique. Nous consacrons 36 millions de dollars d'argent frais afin que des ordinateurs soient réparés, remis à neuf et donnés à des bibliothèques publiques, à des organismes sans but lucratif et à des collectivités autochtones en vue de fournir aux étudiants et aux jeunes — souvent pour la première fois — un accès au monde numérique.

Après Un Canada branché, Un Canada protégé et Les possibilités économiques du monde numérique, passons maintenant au quatrième des cinq piliers, Le gouvernement numérique au Canada.

Il s'agit, pour nous, de joindre le geste à la parole dans le monde numérique.

Beaucoup d'entre vous avez pris part à l'Expérience des données ouvertes canadienne et à l'appathon, lors desquels plus de 900 développeurs d'applications de partout au pays se sont servi des données brutes ouvertes gouvernementales sur le portail Données ouvertes pour créer des applications. Dirigée par le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, l'expérience a été formidable.

Mais au-delà de tout ça, nous voulons faire fond sur cette réussite et ouvrir le gouvernement de manière à ce qu'il soit plus numérique et plus accessible aux Canadiens. Nous allons donc moderniser nos activités internes, rattrapant ainsi le XXIe siècle avec une seule présence sur le Web et un système consolidé de courrier électronique à l'échelle du gouvernement du Canada.

Nous allons aussi créer l'Institut des données ouvertes, un projet auquel participent beaucoup de personnes ici présentes.

Nous mettrons sur pied Sciences ouvertes, pour faciliter l'accès public libre aux travaux de recherche scientifique financés par le gouvernement fédéral. Vous savez, par l'entremise d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, de Santé Canada et d'Industrie Canada, les Canadiens dépensent et investissent des millions de dollars dans toutes sortes de découvertes et recherches scientifiques phénoménales. Et pourtant, ces données ne leur sont pas aussi accessibles qu'elles devraient l'être. Grâce à Sciences ouvertes, nous ouvrirons les portes et nous diffuserons de l'information scientifique et les résultats de recherches aux établissements d'enseignement et aux Canadiens moyens, afin que le gouvernement ne soit pas la destination finale des recherches et des découvertes scientifiques, mais soit plutôt le point d'accès aux données.

Après avoir réalisé toutes ces initiatives destinées à rendre le gouvernement plus ouvert et plus numérique, après avoir branché les Canadiens, après avoir rendu Internet plus sûr et après avoir fait en sorte que le Canada soit un chef de file en matière de possibilités économiques numériques, quelle sera la prochaine étape? Le contenu canadien.

Franchement, c'est ce qui m'inspire le plus. Pendant cinq ans et demi, j'ai été ministre du Patrimoine canadien, responsable des arts, de la culture et des langues officielles.

Comme vous le savez, après avoir branché les Canadiens, rendu Internet sûr et tiré profit des possibilités économiques, et après avoir fait en sorte que le gouvernement prêche par l'exemple dans le monde numérique, nous voici arrivés aux choses agréables, aux choses importantes : il s'agit de nous raconter nos histoires en route vers notre 150e anniversaire, en 2017. Canada numérique 150 comporte de nouvelles initiatives qui tireront profit de cette réalité et qui raconteront le Canada de la façon qui convient à l'ère numérique.

Par exemple, nous allons appuyer la création de nouvelles Minutes du patrimoine chaque année, dès maintenant et jusqu'à notre 150e anniversaire.

Établi dans la capitale nationale, le Musée canadien de l'histoire, le plus grand musée du pays, proposera plus de contenu numérique que jamais auparavant. Nous investissons 25 millions de dollars pour remettre à neuf et reconstruire l'institution, dotée d'un mandat clair : se concentrer sur un contenu numérique plus vaste que jamais.

Par ailleurs, museevirtuel.ca existe bel et bien, mais nous voulons que plus de Canadiens consultent le site. Ce souhait deviendra réalité, car le site sera jumelé avec le Musée canadien de l'histoire et dirigé par celui-ci. Son contenu sera mis à la disposition de plus de Canadiens que jamais auparavant.

Nous avons aussi soutenu d'importants projets pour que les créateurs numériques aient accès aux marchés du monde entier. Dans cet esprit, nous avons fusionné le Fonds canadien de télévision et le Fonds des nouveaux médias du Canada pour créer le Fonds des médias du Canada, qui est devenu un projet de catégorie A pour le gouvernement du Canada. Le Fonds reçoit 100 millions de dollars d'argent frais chaque année pour soutenir la production d'applications, de jeux vidéo, d'émissions de télévision, de documentaires et de courts métrages qui seront disponibles sur les plateformes numériques, à la rencontre du monde entier. C'est une réalisation remarquable et un important élément pour s'assurer que le contenu numérique canadien est disponible partout au Canada et, en fait, partout sur la planète.

Je vais m'écarter de mon texte quelques instants. Il y a une statistique triste, mais importante : dans seulement 4 des 13 provinces et territoires du Canada, les étudiants du secondaire doivent avoir suivi un cours d'histoire pour recevoir leur diplôme. Quatre sur 13. Et souvent, ce qu'on qualifie d'histoire dans ces salles de classe ne permet pas de bien comprendre et d'apprécier profondément la richesse de l'histoire du Canada.

L'éducation est certes une responsabilité provinciale, mais nous, le gouvernement fédéral, le secteur privé et des institutions pouvons collaborer pour faire mieux.

Nous créons le Musée canadien de l'histoire, mais nous devons voir à ce que tous nos musées de ce vaste pays — le deuxième par la taille, le 37e par la population —, nous devons voir, dis-je, à ce que toutes nos institutions fassent connaître et racontent l'histoire du Canada, afin que nous puissions apprendre les uns des autres, construire, croître et demeurer unis en route vers notre 150e anniversaire.

Mieux encore, il ne s'agit pas seulement de raconter des récits canadiens du passé, mais aussi de rêver et de penser l'avenir. C'est des jeunes enfants qu'il s'agit. Tout comme moi, ceux d'entre vous qui travaillent ici chez OpenText, chez RIM, et aux universités à Waterloo et à Kitchener, savent que nous évoluons dans le monde numérique.

Nous savons tous que l'univers numérique ne commence pas lorsqu'on reçoit son premier Q10, son premier iPad ou son premier Samsung. Nous savons qu'il commence quand on est haut comme trois pommes, quand on visite un musée, quand on assiste à un spectacle et quand on est exposé à de la musique. Les synapses du cerveau s'excitent à un très jeune âge, les centres créateurs s'agitent lorsqu'on est jeune. Le moteur de la création démarre pour un apprentissage de toute une vie dans les arts créatifs, ce qui a un effet d'entraînement sur le monde numérique, puis sur l'économie numérique, puis sur l'économie dans son ensemble, engendrant ainsi, pour le Canada, la meilleure qualité de vie au monde. Voilà ce que nous faisons. Voilà ce que nous faisons en soutenant le contenu numérique par l'entremise du gouvernement du Canada et de Canada numérique 150.

Voilà, Mesdames et Messieurs. Cette stratégie a été longuement mûrie. Nous nous sommes efforcés d'avoir une politique numérique, Canada numérique 150, convenant à tout le pays.

La stratégie canadienne sur l'économie numérique repose sur cinq piliers :

  1. Brancher les Canadiens pour l'avenir;
  2. Protéger les Canadiens en ligne;
  3. Voir à ce que nous tirions parti des possibilités économiques;
  4. Voir à ce que le gouvernement prêche par l'exemple en étant plus numérique que jamais;
  5. Soutenir le contenu canadien avec de nouvelles initiatives dans le monde numérique.

Cinq piliers, 39 nouvelles initiatives, une politique nationale pour 35 millions de Canadiens. Voilà Canada numérique 150.

Je vous remercie de votre attention et de votre participation à ce débat. Le Canada en profitera. Nous profiterons tous d'une politique exhaustive qui voit à ce que nous tirions pleinement profit du monde numérique qui se présente devant nous.

Merci beaucoup.


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